31 marcheurs se rassemblent sur le port du canal, pour entreprendre une longue marche de 15 Km, sur les territoires de Rolampont, Thivet et Lannes. A Rolampont, la Marne bouillonne au fond de sa vallée profonde. A sa droite, le canal est bien calme. A sa gauche, le chemin  de fer étale ses deux voies en ligne droite. Parallèlement, la grande route déroule son ruban de bitume.

Nous quittons la vallée pour accéder  sur le plateau, nous empruntons un chemin pentu autrefois bordé d’un vignoble. Jusqu’à la fin du XIXem siècle, les vignes paraient le haut des versants exposés au soleil du midi et du couchant. Leurs rectangles se logeaient en tous sens entre les murs et les « mergers ». Sur les pentes empâtées d’éboulis et cailloutis calcaires le vignoble donnait un vin parfumé et léger. Les vignes ravagées par le phyloxéra puis abandonnées ont été remplacées naturellement par un taillis parsemé d’arbres devenus centenaires.

Nous passons sous  un manteau de pins noirs. Il couvre une centaine d’hectares. Jadis, il n’y avait pas de forêt ici. Une vaste prairie sèche était pâturée  par les troupeaux de moutons.  La plantation en résineux (pins noirs et douglas), a été entreprise dans les années 1950 dans le cadre d’un plan national de reboisement. Autres temps autres productions. De nos jours, la vente de bois remplace celle de la laine. L’homme défriche, remanie, gère, exploite, selon les besoins du moment.

Nous faisons une pose sur les hauteurs de Thivet. Le vaste plateau à vocation agricole est balayé par  un doux vent d’ouest bienfaiteur qui rafraîchit notre peau réchauffée par un soleil voilé mais néanmoins chaud.

Une autre pose, mais cette fois en pleine forêt nous permet d’admirer l’ancienne maison forestière bien conservée du Bois des Montots, autrefois habitée par un garde forestier privé. Isolée, alimentée en eau par un puits, chauffée au bois grâce à un feu dans l’âtre et éclairée à la lampe à pétrole, elle rappelle des souvenirs pas si lointains que notre génération n’a pas connu.

La descente qui se profile devant nous est le présage d’une arrivée proche. Une belle vue sur la vallée du Val de Gris s’offre à nous. Nous terminons notre périple très convivial le long du canal, fil d’eau paisible semblable à un miroir immobile.

Prochain rendez-vous mardi 17 mai vers l’église de Vivey pour visiter d’un trésor naturel au milieu des bois, « La Réserve Naturelle de Chalmesin ».

A.P.

PHOTOS PASCAL